Les Bilans médicaux et para médicaux



La démarche commune

Devant une difficulté persistante quelle soit langagière et/ou motrice et/ou psychologique, les parents prendront contact avec le professionnel expert du domaine pour établir un bilan.
 

Le bilan servira d’une part :

  • A évaluer les capacités et les déficits de l’enfant ;
  • Faire la différence entre un retard simple (qui est passager et qui se comble) et un trouble (qui est durable et sévère) ;
  • A établir des hypothèses diagnostiques et un projet de rééducation.

 

Chaque professionnel rencontré aura quasiment la même démarche, au moment du bilan :

  • Recueil du motif de consultation, exprimée sous forme de plainte des parents : problèmes scolaires, difficultés dans l’expression langagière, difficultés à lire, importante lenteur et maladresse exagérée ;
  • D’où vient la demande? (l’enseignant, le médecin généraliste, le pédiatre, les parents) ;
  • Un entretien avec les parents et l’enfant pour :
    • compléter le dossier administratif du patient/enfant,
    • connaître le contexte socio-familial de l’enfant,
    • faire l’anamnèse du patient (retracer les antécédents personnels de l’enfant autour de la grossesse et de l’accouchement, sa naissance, ses premiers mots, ses premiers pas, la propreté et autour des évènements médicaux importants,
    • pour connaitre la personnalité de l’enfant : sa confiance en lui, ses loisirs, ses relations avec les autres, ses « théories » par rapport à ses difficultés, son attente par rapport à la consultation,
    • pour recueillir des informations sur la scolarité de l’enfant : classe actuelle, cursus scolaire, points forts/points faibles, ses relations avec les autres enfants à l’école, ses relations avec l’enseignant.
  • Le bilan, seul avec l’enfant à l’aide de tests standardisés, spécifiques et étalonnés :
    • standardisés : les tests utilisés sont des outils objectifs de référence, ce n’est pas le professionnel expert qui les invente ;
    • spécifiques : les tests ciblent une compétence particulière : le langage oral en dénomination, l’attention soutenue, etc ;
    • étalonnés : les résultats des tests sont comparés à une norme définie.
  • La restitution du bilan comportant :
    • une analyse et une interprétation des résultats des tests,
    • une conclusion sous forme d’hypothèses de diagnostic,
    • la proposition de rééducation spécifique articulée autour d’axes de travail définis.
  • Lors d’un 2e entretien, il restitue le bilan oralement aux parents afin de bien expliquer la problématique de l’enfant . Le compte rendu écrit leur sera donné parallèlement.
  • Le professionnel pourra éventuellement suggérer des examens complémentaires auprès d’autres professionnels.

Evaluations sensorielles

Il est impératif de vérifier l’absence de déficit sensoriel chez les enfants présentant un trouble des apprentissages

Le bilan auditif

Bilan auditifLe médecin ORL recherche l’absence de déficit auditif avec des tests subjectifs :

  • audiométrie comportementale chez le petit
  • audiogramme à partir de 4-5 ans

ou avec des tests objectifs :

  • Oto-émission acoustique ou potentiels évoqués auditifs

Le bilan ophtalmologique

Bilan ophtalmiqueL’ophtalmologue vérifie

  • l’acuité visuelle
  • l’absence de trouble de la réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatie)

Le bilan orthoptique

  • Bilan optomoteur : étudie les mouvements oculaires, poursuite et saccades, le caractère coordonné de la motricité oculaire.
    Etude de la coordination oculo-céphalique et oculo-manuelle.
  • Bilan sensoriel : étudie l’acuité visuelle, le champs visuel, la vision stéréoscopique, la capacité fusionnelle.
  • Bilan fonctionnel : étudie l’analyse perceptive, organisation spatiale (tableau double entrée, position relative…), exploration visuelle.

Ce bilan va mettre en évidence des troubles neuro-visuels, c’est à dire des difficultés spécifiques dans l’organisation de la recherche visuelle avec une mauvaise stratégie du regard, une motricité conjuguée anormale, perception spatiale difficile, mauvaise prise en compte des repères visuospatiaux.

Evaluation de l’efficience intellectuelle

Le bilan psychométrique

Le test psychométrique = examen d’un QI ( quotient intellectuel au cours d’une épreuve mettant en évidence le facteur d’intelligence générale (facteur G) dans le domaine Verbal et le domaine Performance, la mémoire et la vitesse de traitement.

  • Détermine ou pas un retard mental, critère d’élimination dans les diagnostics des troubles «dys»
  • Réalisé en une ou plusieurs séances, selon la fatigabilité de l’enfant, sur une durée d’ 1 heure, 1 heure 30.
  • A la demande du médecin, de l’enseignant, le bilan :
    • confirme un déficit ou un une précocité intellectuelle.
    • détermine la présence ou pas de difficultés psychologiques
    • identifie les facteurs neurologiques et psycho affectifs
      (processus faisant intervenir les sentiments et les émotions nés à partir des interactions que l’enfant a avec son milieu familial, au cours des premières années, comme les liens d’attachement par exemple)
    • surveille l’évolution des troubles
    • contribue à l’hypothèse diagnostique

Efficience intellectuelle

Le psychologue utilise des tests psychométriques scientifiquement validés, étalonnés et standardisés (WPPSI IV pour les enfants âgés de 2 ans 6 mois à 7 ans 3 mois , WISC IV pour des enfants de 6 ans à 16 ans 11 mois).

Intérêt du WISC IV ?

  • permet d’évaluer à l’aide de 4 indices un Qi total en prenant en compte la compréhension verbale (ICV), la mémoire de travail (IMT), des indices non verbaux comme le raisonnement perceptif (IRP) et la vitesse de traitement (IVT) Chaque indice se compose de subtests variés :
    «en quoi la tulipe et la rose se ressemble ?» (subtest similitude)
    «montre-moi les 2 ou 3 images qui vont bien ensemble ?» (concept d’image)
  • permet de rendre compte d’une hétérogénéité dans les résultats et de diagnostiquer undéficit ou une altération du fonctionnement cognitif.

 

Evaluation des habiletés langagières : Langage Oral

Bilan du Langage Oral

  • les praxies bucco-faciales : vérifier la bonne tonicité et la mobilité des joues, des lèvres et de la langue, essentielles à toutes réalisations articulatoires correctes.
    Ex. gonfler les joues le plus possible, faire des petits bisous, caresser son palais avec la pointe de la langue…
  • l’articulation : vérifier la production correcte de tous les sons (phonèmes). Un trouble articulatoire = erreur constante et systématique sur un ou des sons.
    Ex. : /l/ toujours remplacé par /y/ (lapin = yapin…)
  • la parole : vérifier que la production de la succession des sons dans un mot se fait sans difficulté ni erreur. Un trouble de la parole = bonne production du son à l’état isolé mais altérée en fonction de sa place dans le mot.
    Ex. : pestacle ; marteau = mato mais route est correct…
  • les processus phonologiques :
    • vérifier la bonne intégration des sons et mots entendus (image sonore) ainsi que leur qualité de restitution.
      Ex.: dénommer correctement des images / Répéter des non-mots (« tofumontal »).
    • vérifier la capacité à manipuler les syllabes et les sons.
      Ex. : identifier des rimes, supprimer un son dans un mot, en ajouter un.
  • le langage : analyser le contenu lexical et syntaxique des productions orales de l’enfant.
    Ex. : Utilise t-il des mots-phrases ? Produit-il des phrases simples /complexes ? Fait-il des erreurs d’accords ? de temps ? Y-a-t-il des perturbations dans l’ordre des mots dans la phrase ?
    • évaluer la richesse du vocabulaire en expression et en compréhension.
    • évaluer les capacités syntaxiques en expression, et en compréhension.
    • évaluer la mémoire verbale en répétition de phrases de plus en plus longues et de plus en plus complexes syntaxiquement
  • la compréhension :
    • évaluer le vocabulaire en compréhension en proposant des désignations d’images.
      Ex. : « Regarde bien ces images, montre moi ‘pinceau’… ».
    • analyser le degré de compréhension du langage oral en proposant à l’enfant d’exécuter des actions/manipulations sur ordres simples :
      ex. :« Mets le canard à côté du chien » et sur ordres complexes : ex. : « Fais nager les deux canards, l’un derrière l’autre ».
  • la pragmatique :
    Observer si l’attitude de l’enfant et ce qu’il exprime sont en lien avec le contexte. Respecte t-il le tour de parole

Langage oral

Evaluation des habiletés langagières : Langage Ecrit

Bilan du Langage Ecrit

  • la leximétrie : mesurer la vitesse de lecture à haute voix afin d’établir l’âge lexique de l’enfant et de le comparer à son âge réel de développement.
    Ex. : proposer soit des listes de mots à lire le plus vite possible ou la lecture rapide d’un texte dépourvu de sens.
  • les stratégies de lecture : évaluer les mécanismes utilisés par l’enfant pour l’identification de mots. Utilise t-il exclusivement la voie d’assemblage (conversion lettre/son) ou bien la voie d’adressage (repérage de la forme globale du mot) ? Est-il rapide ? On propose par exemple des lectures de vrais mots réguliers (ex. : voiture) ou irréguliers (ex. : femme) ainsi que des pseudo-mots (ex. : bartin).
  • la compréhension écrite : analyser les stratégies de compréhension car lire ce n’est pas uniquement déchiffrer des mots mais c’est aussi comprendre des énoncés.
    • évaluer la compréhension de phrases.
      Par exemple, l’enfant lit silencieusement des phrases inachevées et doit choisir parmi cinq mots celui qui la termine. A-t-il des problèmes de compréhension des mots ? Ou des difficultés à se souvenir de ce qu’il vient de lire (problème de mémoire) ? Ou bien un trouble de compréhension plus général ?
    • évaluer la compréhension de texte. L’enfant lit silencieusement un texte et doit ensuite répondre à des questions. Comment est la compréhension fine ? Est-il capable de faire le lien entre les différents événements et/ou personnages ?
  • l’orthographe : évaluer les trois types d’orthographe :
    • L’orthographe phonétique, c’est-à-dire la façon dont l’enfant à intégrer les correspondances sons/lettres (ou phonèmes/graphèmes). On peut par exemple, lui proposer une dictée de pseudo-mots pour lesquels il n’a aucun repère en mémoire. Il est donc obligé d’analyser la succession des sons et de retrouver leur graphème correspondant.
    • L’orthographe d’usage ou lexicale, c’est-à-dire l’intégration de l’image orthographique du mot, impliquant soit, la connaissance de règles d’usage (ex. : champagne/chanpagne) ou l’apprentissage pur (ex. : artichaut).
    • L’orthographe grammaticale, c’est-à-dire la bonne segmentation entre les mots, l’intégration des règles d’accords et leur bonne application. (épreuve de production écrite spontanée, semi-spontanée ou dictée.) Le bilan de ce dernier sera toujours compléter de quelques épreuves de langage oral, notamment celles concernant l’évaluation des processus phonologiques, très souvent déficitaires chez les enfants dys…

Langage écrit

Evaluation du calcul

Bilan des capacités en calcul :

  • Basé sur l’utilisation d’outils d’évaluation du calcul
    Plusieurs outils utilisables pour évaluer les compétences en calcul :
    Zareki-R : du CP au CM2
    Tedi Math : de la moyenne section de maternelle au CE2
    TediMath grand du CE2 à la 5°
    l’EDA permet au médecin un dépistage de troubles en calcul
  • Le dénombrement et le comptage
    Analyser la capacité de l’enfant à compter des collections (petites/grandes, en ordre ou pas) et ainsi évaluer sa connaissance de la chaîne numérique verbale (capacité à réciter la suite des mots désignant les nombres) et son niveau d’élaboration.
    Est-il capable de compter à rebours ? A partir de « 5 » ?...
  • L’évaluation des systèmes numériques
    • Le système numérique verbal : l’enfant lit « cinq », il sait que c’est « 5 ».
    • Faire la comparaison de deux nombres dit oralement.
    • Le système en base 10 : savoir que « 51 » = 51 unités ou 5 dizaines et 1 unité.
    • Le transcodage : l’enfant entend « 42 » et écrit « 42 » et inversement.
  • Les opérations arithmétiques
    Évaluer la capacité de l’enfant à résoudre des opérations de base (addition, soustractions ou plus complexes (opérations lacunaires, multiplications…), des problèmes. On évalue aussi les capacités conceptuelles de l’enfant comme la commutativité (ex. : 3+4 =4+3 ?) ainsi que les relations entre les opérations (ex. : 3+3 =3x2 ?).
    • les stratégies de comptage et de résolution : La récupération des faits arithmétiques (tables de multiplication/d’addition) est-elle rapide ? lente ? mauvaise ? ou a-t-il besoin de compter sur ses doigts ?...
    • la compréhension des termes spécifiques :
    • «plus que», «moins que», «autant que», «soustraire»…
  • Poser et résoudre des opérations à l'écrit en colonne.
  • Résoudre des problèmes dont les énoncés peuvent etre donnés à l'oral ou à l'écrit.
  • Se représenter les magnitudes, les ordres de grandeur soit sur une ligne, soit dans la vie quotidienne.

Évaluation des fonctions exécutives

Dans le cadre d’une suspicion de TDA/H on étudie :

  • Les capacités attentionnelles :
    l’attention soutenue : capacité à soutenir pendant un temps relativement long son attention, évaluée par exemple par des tests de barrage : l’enfant doit barrer des signes cibles parmi des signes distracteurs visuellement proches.
    l’attention sélective : capacité à se concentrer sur un stimulus tout en en ignorant d’autres (des noms de couleurs sont écrits sur une feuille avec de l’encre de couleur ne correspondant pas à la couleur du mot, l’enfant doit donner soit la couleur utilisée soit lire le mot).
    l’attention divisée : capacité à alterner l’attention entre 2 activités.
    Ces capacités d'attention peuvent être étudiées sur une modalité visuelle ou auditive.
  • Fonctions exécutives :
    Permettent de résoudre des problèmes nouveaux, et nécessitent des capacités de planification, d’inhibition et de flexibilité.
    Elles sont évaluées par exemple par le test de la tour de Londres, l’enfant doit déplacer des boules sur des tiges en un minimum de coups afin de les placer comme l’examinateur. D'autres tests évaluent la capacité de trouver son chemin sur une épreuve de labyrinthe.
  • L’impulsivité
    L’enfant répond sans analyser suffisamment les différents éléments mis à sa disposition.
    Elle est évaluée par exemple par les tests d’appariement d’images, on présente une image à l’enfant et il doit trouver parmi 6 autres images celle qui est identique.

 

 Les bilans médicaux et paramédicaux

Mis à jour le 31/03/2016